Voile dans l'espace public : Glucksmann interpelle Le Pen sur le cas de Latifa Ibn Ziaten
Interrogé par Apolline de Malherbe dans « Face à Face » sur BFM TV-RMC, Raphaël Glucksmann s'oppose à un projet d'interdiction du port du foulard dans l'espace public défendu par Marine Le Pen. Il illustre son opposition par le cas de Latifa Ibn Ziaten, mère d'une victime du terroriste Mohamed Merah et militante contre la radicalisation. Il demande : « Latifa Ibn Ziaten, dont le fils a été assassiné par Mohamed Merah, par le terroriste Mohamed Merah, qui porte le foulard, elle va envoyer la police pour mettre une amende à Latifa Ibn Ziaten ? ». Il rappelle que cette femme « lutte contre la radicalisation en permanence », « défend les principes de la République partout » et « va dans tous les quartiers du pays pour expliquer qu'il faut être républicain ». Il conclut en s'interrogeant sur la nature d'une telle mesure : « est-ce que c'est ça la France ? Moi, je pense que la France, ce n'est absolument pas ça. » L'extrait vise directement Marine Le Pen, à qui il adresse sa question de manière frontale et met en question la cohérence d'une politique qui sanctionnerait des personnes engagées dans la défense des valeurs républicaines.
« Latifa Ibn Ziaten, dont le fils a été assassiné par Mohamed Merah, par le terroriste Mohamed Merah, qui porte le foulard, elle va envoyer la police pour mettre une amende à Latifa Ibn Ziaten ? »
Raphaël Glucksmann
Transcription verbatim
Raphaël Glucksmann J'aimerais poser une question à Madame Le Pen. Latifa Ibn Ziaten, dont le fils a été assassiné par Mohamed Merah, par le terroriste Mohamed Merah, qui porte le foulard, elle va envoyer la police pour mettre une amende à Latifa Ibn Ziaten ? Sérieusement ? Elle qui lutte contre la radicalisation en permanence, qui défend les principes de la République partout, qui va dans tous les quartiers du pays pour expliquer qu'il faut être républicain, est-ce que c'est ça la France ? Moi, je pense que la France, ce n'est absolument pas ça.
Raphaël Glucksmann en vidéo : Social
Déclarations de Raphaël Glucksmann sur la solidarité, la pauvreté et la protection sociale.
Carburants : Glucksmann écarte les mesures universelles du RN
Interrogé le 8h30 de France Info TV par Agathe Lambret et Simon Le Baron, Raphaël Glucksmann prend position sur les aides au carburant. Il rejette les dispositifs universels comme le blocage des prix ou la baisse générale des taxes proposée par le Rassemblement National, au motif qu'ils profiteraient indistinctement aux plus aisés. Il affirme : « ça bénéficierait à des bourgeois qui prennent leur SUV pour partir dans leur maison de campagne ». Il ajoute : « Moi, les week-ends des grands bourgeois dans leurs grandes maisons, je ne vois pas pourquoi ce serait aux contribuables de payer pour qu'ils fassent leur plein ». Il défend à l'inverse des aides ciblées et chiffre le coût de la proposition du Rassemblement National à « plus de 12 milliards d'euros à l'État », s'interrogeant : « Pour financer quoi ? » L'extrait oppose ainsi deux logiques de soutien au pouvoir d'achat : l'universalité des mesures, qu'il conteste pour leur effet redistributif inversé, et le ciblage, qu'il privilégie. La brièveté de l'extrait ne permet pas de détailler la nature exacte des aides ciblées qu'il propose ni leur mode de financement.
Transcription verbatim
Raphaël Glucksmann ça bénéficierait à des bourgeois qui prennent leur SUV pour partir dans leur maison de campagne. Là où je ne suis pas d'accord, c'est quand on propose des mesures universelles, que ce soit le blocage des prix ou la baisse des taxes de manière générale que propose le Rassemblement National. Parce que dans ce cas-là, ça bénéficierait à des bourgeois qui prennent leur SUV pour partir dans leur maison de campagne. Moi, les week-ends des grands bourgeois dans leurs grandes maisons, je ne vois pas pourquoi ce serait aux contribuables de payer pour qu'ils fassent leur plein. Moi, ce que je veux, c'est des aides. Ce que je veux, c'est des aides à des aides universelles. La proposition du Rassemblement National, par exemple, ça coûterait plus de 12 milliards d'euros à l'État. Pour financer quoi ?
90 ans des congés payés : lancement du projet « Colos pour tous » au quartier du Grammont à Rouen
Dans une vidéo publiée par Place Publique à l'occasion des 90 ans des congés payés, Raphaël Glucksmann se rend au quartier du Grammont, quartier populaire de Rouen, pour présenter son projet « Colos pour tous ». Il inscrit cette visite dans l'héritage des conquêtes sociales de 1936, déclarant que cet anniversaire « c'est pas simplement une commémoration, c'est une exhortation à de nouvelles conquêtes sociales ». Sur le constat : il relève qu'il y a quarante ans, plus de quatre millions d'enfants partaient chaque année en colonie de vacances, contre moins d'un million aujourd'hui. Il dénonce la disparition de la mixité sociale dans les colonies, affirmant qu'« aujourd'hui, les enfants de bourgeois font des colos de ski, des colos de voile, des colos de tennis et c'est ça la masse des colonies de vacances ». Sur le dispositif proposé : il annonce la création d'un « passeport » permettant à chaque enfant, au cours de sa scolarité, de participer à une classe verte ou à une colonie de vacances. Le financement reposerait sur les collectivités locales, l'État et les comités d'entreprise. L'objectif affiché est de permettre aux enfants « de découvrir la collectivité et de sortir de leur environnement social immédiat ».
Transcription verbatim
Raphaël Glucksmann Aujourd'hui, c'est les 90 ans des congés payés, un moment fondateur pour la République, pour les travailleurs et les travailleuses. C'est pas simplement une commémoration, c'est une exhortation à de nouvelles conquêtes sociales, et notamment ce simple fait : les enfants français doivent pouvoir toutes et tous partir en vacances. C'est l'objet de notre visite au quartier du Grammont, quartier populaire de Rouen. On est venu ici pour défendre notre projet «Colos pour tous» qui permettra aux enfants des travailleurs et des travailleuses, eh bien, de partir en vacances et de renouer avec une tradition française qui était celle de de la mixité sociale par les vacances. Il y a 40 ans, il y avait 4 millions ou plus d'enfants français qui partaient chaque année en colonie de vacances. Aujourd'hui, c'est moins d'un million et la mixité sociale a largement disparu. En réalité, aujourd'hui, les enfants de bourgeois font des colos de ski, des colos de voile, des colos de tennis et c'est ça la masse des colonies de vacances. On doit rencontrer, quand on est enfant, des enfants de catégories sociales différentes. Il va y avoir un passeport qui permettra à chaque enfant, au cours de sa scolarité, de participer soit à une classe verte, soit à une colonie de vacances. Et donc un soutien qui est organisé par les collectivités locales, par l'État, par les comités d'entreprise pour relancer des colonies de vacances qui permettront à des enfants de découvrir la collectivité et de sortir de leur environnement social immédiat.
Retraites : abroger pour réformer sur la base de la justice sociale
Dans une interview sur France TV - C'est à vous, diffusée le 23 juin 2025, Raphaël Glucksmann expose sa position sur la réforme des retraites face à Anne-Élisabeth Lemoine et Patrick Cohen. Il affirme vouloir abroger la réforme en cours, tout en précisant qu'il ne s'agit pas de revenir au statu quo : « C'est pas juste revenir au statu quo ante. On sait que le système est menacé, qu'il faut qu'il y ait un équilibre, mais il faut qu'il y ait un équilibre qui soit basé sur la justice. » Il critique la focalisation du débat sur le seul âge légal de départ, estimant que l'enjeu central réside dans la prise en compte des inégalités de parcours professionnels. Il développe un raisonnement fondé sur la pénibilité et l'espérance de vie : les travailleurs ayant des carrières pénibles, dont l'espérance de vie à la retraite est plus courte, devraient pouvoir partir plus tôt, tandis qu'un cadre disposant d'une espérance de vie plus longue pourrait partir plus tard. Il conclut en définissant l'objectif d'une réforme alternative : préserver l'équilibre du système de retraites en plaçant la reconnaissance des inégalités de parcours au cœur du dispositif. Il déclare : « Ne pas faire de la reconnaissance des inégalités de parcours le cœur même de ce système, c'est finalement perpétuer l'injustice ». Il se montre prudent quant aux suites concrètes, évoquant le conclave en cours.
Transcription verbatim
Raphaël Glucksmann On explique noir sur blanc qu'on veut abroger cette réforme, c'est-à-dire proposer une autre réforme.
Anne-Élisabeth Lemoine Il faut tout revoir ?
Raphaël Glucksmann C'est pas juste revenir au statu quo ante. On sait que le système est menacé, qu'il faut qu'il y ait un équilibre, mais il faut qu'il y ait un équilibre qui soit basé sur la justice. Mais disons-le très clairement, le problème de ce débat depuis le début, c'est qu'il s'est focalisé de part et d'autre simplement sur l'âge légal. Or, en réalité, il faut que les gens qui ont des carrières pénibles pussent partir tôt à la retraite. Leur espérance de vie une fois à la retraite est d'ailleurs beaucoup plus courte que les autres. Par contre, quand vous êtes un cadre qui gagnez bien votre vie et qui avez une espérance de vie de 30 ou 40 ans après, vous pouvez partir plus tard. Et finalement, l'esprit de la réforme qu'on proposerait, attendez, enfin là on est dans la spéculation pure parce que peut-être que le conclave va déboucher sur quelque chose de concret.
Anne-Élisabeth Lemoine Oui, on reste très prudent.
Raphaël Glucksmann On l'espère. Et on l'espère, ce serait surtout une formidable nouvelle démocratique. Mais nous, ce qu'on veut proposer, c'est une réforme qui pense à l'équilibre de notre système, parce qu'on doit le préserver, en se basant sur l'idée de justice. En ne pas reconnaître ou ne pas faire de la reconnaissance des inégalités de parcours le cœur même de ce système, c'est finalement perpétuer l'injustice.