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Raphaël Glucksmann et la démocratie

15 prises de position - 5 interventions vidéo

Raphaël Glucksmann et la démocratie

Raphaël Glucksmann place la démocratie au cœur de son engagement, dénonçant les menaces intérieures et extérieures, du populisme autoritaire à la privatisation de l'espace public par les plateformes numériques. Il appelle à réarmer la démocratie représentative.

Les positions de Raphaël Glucksmann sur la démocratie

15 prises de position

Accusation contre l'extrême droite de vouloir « vendre la France à Trump et Poutine »

Face à la montée du Rassemblement national dans les sondages, Raphaël Glucksmann a vivement critiqué l'extrême droite lors du meeting d'Aubervilliers, l'accusant de vouloir « vendre la France à Trump et Poutine ». Il a articulé sa candidature autour de la défense de la démocratie et de la souveraineté européenne face aux menaces autoritaires.

extrême droitedémocratiesouveraineté européenneRassemblement national

L'extrême droite au pouvoir n'est jamais une alternance, c'est une contre-révolution

Après les violences de Minneapolis en février 2026, Raphaël Glucksmann met en garde l'Europe : la prise du pouvoir par l'extrême droite n'est jamais une simple alternance politique, c'est toujours une contre-révolution brutale. Il appelle à un « sursaut patriotique des Européens » face au financement des think tanks d'extrême droite par l'administration Trump.

« La prise du pouvoir par l'extrême droite n'est jamais une alternance classique, c'est toujours une contre-révolution brutale. »

Raphaël Glucksmann - févr. 2026
extrême droitedémocratiecontre-révolutionÉtats-Unis

Vous pouvez avoir la statue, nous nous avons la flamme

Face aux dérives de l'administration Trump et aux violences policières de Minneapolis, Raphaël Glucksmann défend le modèle démocratique européen au Parlement : « nous croyons encore en la liberté ». Il conclut en une formule frappante opposant la statue de la Liberté américaine à la flamme démocratique européenne.

« Vous pouvez avoir la statue, nous, nous avons la flamme et nous la cultiverons. »

Raphaël Glucksmann - févr. 2026
démocratieEuropelibertéÉtats-Unis

2026 : entre sursaut démocratique et soumission autoritaire, pas de voie médiane

Dans sa lettre de vœux du 1er janvier 2026, Raphaël Glucksmann pose le choix de civilisation devant les Français : « entre le sursaut démocratique et la soumission autoritaire, il n'y aura pas de voie médiane cette fois ». Il appelle à ne jamais renoncer face à la menace d'une victoire de l'extrême droite en 2027.

« Entre le sursaut démocratique et la soumission autoritaire, il n'y aura pas de voie médiane cette fois. »

Raphaël Glucksmann - janv. 2026
démocratie2026extrême droitechoix

La France s'est mariée très tôt à la liberté et n'entend pas divorcer d'avec elle-même

Raphaël Glucksmann exprime dans sa newsletter du 1er janvier 2026 sa conviction que la France humaniste, républicaine et démocrate peut retrouver un chemin de liberté, d'égalité et de fraternité. Il convoque la mémoire de la Révolution, de la Résistance, de la sécurité sociale pour dessiner un avenir possible.

« Amoureux d'une nation qui s'est mariée très tôt à la liberté et n'entend pas divorcer d'avec elle-même. »

Raphaël Glucksmann - janv. 2026
FranceRépubliquelibertéidentité

Il y a plus en nous que nous ne le croyons

Raphaël Glucksmann exprime dans sa newsletter de janvier 2026 une conviction profonde contre le défaitisme : Trump et Poutine n'ont pas encore terrassé l'Europe, le RN n'a pas encore conquis la France, et « là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve » selon Hölderlin. Il appelle au sursaut collectif.

« Je suis intimement convaincu qu'il y a plus en nous que nous ne le croyons et ne le donnons à voir depuis des années. »

Raphaël Glucksmann - janv. 2026
espoirdémocratieRNFrance

Protection du droit de vote et transparence des réunions parlementaires

Dans ses explications de vote au Parlement européen, Raphaël Glucksmann défend des règles plus strictes de transparence, notamment l'obligation pour les eurodéputés de publier leurs réunions en ligne. Il souligne l'importance de protéger les militants contre les risques physiques liés à la divulgation de leurs activités.

transparencedémocratieParlement européenlobbying

Réformer les institutions : proportionnelle et vote de confiance

Dans sa vision pour la France de juin 2025, Raphaël Glucksmann propose d'introduire la proportionnelle, de conditionner l'investiture du Premier ministre à un vote de confiance de l'Assemblée nationale, et de rénover le financement des partis politiques par un fléchage citoyen.

démocratieproportionnelleinstitutionsAssemblée

Refus de la synthèse molle entre visions antithétiques

Raphaël Glucksmann affirme qu'il est impossible de faire la synthèse entre des projets politiques radicalement opposés, notamment entre sa ligne sociale-démocrate et celle de LFI. Il revendique une ligne « claire » plutôt qu'une union de façade.

« On ne peut pas faire la synthèse molle entre des visions antithétiques. »

Raphaël Glucksmann - juin 2025
démocratiegaucheclartéLFI

Créer une commission sur les ingérences étrangères dès le premier jour

Élu député européen en juillet 2019, Raphaël Glucksmann demande dès le premier jour de son mandat la création d'une commission spéciale sur les ingérences étrangères dans les processus démocratiques. Cette commission, qu'il préside, a notamment enquêté sur les manipulations russes en Europe.

« J'ai demandé la création d'une commission spéciale sur les ingérences étrangères au premier jour de mon mandat en juillet 2019. »

Raphaël Glucksmann - avr. 2024
ingérencesdémocratieRussieParlement européen

Traité de refondation démocratique des institutions européennes

Place Publique propose un traité de refondation démocratique de l'UE : droit d'initiative législative pour le Parlement, fin de l'unanimité, passage à la majorité qualifiée, et présidence élue de la Commission européenne. L'objectif est de combler le fossé entre citoyens et institutions.

démocratieinstitutionsUEtraité

Urgence démocratique : un nouvel âge pour la participation citoyenne

Place Publique diagnostique une crise profonde de la démocratie : fossé entre représentants et représentés, décisions prises dans l'entre-soi des élites. Elle défend une démocratie continue, co-construite et interactive, qui dépasse la seule participation électorale.

démocratieparticipationcitoyensinstitutions

Réarmer la démocratie représentative pour susciter à nouveau l'enthousiasme

La Charte identifie la désertion de l'autorité politique comme cause principale de la fragilité des démocraties et de la désaffection des citoyens. Place Publique veut « ressourcer et réarmer » la démocratie représentative, sortir du « There is no alternative » néolibéral et battre en brèche le sentiment que demain sera pire qu'aujourd'hui.

« Pour que la démocratie représentative redevienne puissante et suscite à nouveau l'enthousiasme, nous devons la ressourcer et la réarmer. »

Raphaël Glucksmann - janv. 2023
démocratiereprésentationcitoyensnéolibéralisme

Exercer le pouvoir pour changer la donne, pas changer le monde sans le prendre

La Charte rejette explicitement le slogan « changer le monde sans prendre le pouvoir », courant dans certains milieux militants. Place Publique affirme vouloir exercer le pouvoir pour changer la donne - une posture de responsabilité assumée face à la tentation de la pureté protestataire.

« Nous ne croyons pas dans le slogan « changer le monde sans prendre le pouvoir » : nous voulons exercer le pouvoir pour changer la donne. »

Raphaël Glucksmann - janv. 2023
pouvoirdémocratieengagementmilitants

La privatisation des réseaux sociaux menace la place publique démocratique

La Charte pointe le danger de la privatisation de l'espace public par des réseaux sociaux aux mains de milliardaires irresponsables. Place Publique entend « redéfinir et renforcer la place publique » comme espace de délibération démocratique libre, face à l'emprise des plateformes numériques.

« Face aux dangers de la privatisation de l'espace public sous formes de réseaux possédés par des milliardaires irresponsables, nous entendons redéfinir et renforcer la place publique. »

Raphaël Glucksmann - janv. 2023
réseaux sociauxdémocratieespace publicnumérique

Interventions vidéo sur la démocratie

5 interventions

La sincérité en politique comme condition de la réussite durable

Place Publique - Meeting du 13 juin 2026 - Discours de Raphaël Glucksmann

Lors du meeting de Place Publique du 13 juin 2026, Raphaël Glucksmann évoque la figure de Pierre Mendès France comme modèle politique. Il rapporte un échange au cours duquel on lui a objecté la brièveté du passage au pouvoir de Mendès France, et livre sa réponse : « Il va falloir montrer que la sincérité, l'intégrité, la vérité en politique peuvent prendre le pouvoir et peuvent y rester et peuvent changer la vie des Françaises et des Français ». Il affirme vouloir démontrer qu'il n'est pas nécessaire de mentir ou de se trahir pour réussir en politique, et que la dignité et la sincérité sont compatibles avec l'exercice du pouvoir. Il reconnaît que cette promesse peut paraître difficile à croire, mais soutient que « les coups de billard à 12 bandes ne marchent plus ». Il conclut en affirmant que dans une période de crise, l'essentiel est de « dire ce qu'on pense être la vérité, et de s'y tenir », et s'engage personnellement à le faire.

« Il va falloir montrer que la sincérité, l'intégrité, la vérité en politique peuvent prendre le pouvoir et peuvent y rester et peuvent changer la vie des Françaises et des Français. »

Raphaël Glucksmann
Transcription verbatim

Raphaël Glucksmann Je cite souvent Pierre Mendès France comme un modèle, et une fois quelqu'un m'a dit « Mais il est pas resté très longtemps au pouvoir, est-ce que vous pensez pas trouver un autre modèle ? » J'ai dit « Mais justement, il va falloir montrer que la sincérité, l'intégrité, la vérité en politique peuvent prendre le pouvoir et peuvent y rester et peuvent changer la vie des Françaises et des Français ». Il va falloir montrer qu'on n'est pas obligé de mentir pour réussir en politique, qu'on n'est pas obligé qu'on n'est pas obligé de se trahir, qu'on peut rester digne, qu'on peut être sincère. Sincère ! Je sais que c'est compliqué à croire, je sais que c'est compliqué à entendre, mais les coups de billard à 12 bandes ne marchent plus. Dans une période de crise, ce qui compte, c'est de dire ce qu'on pense être la vérité, et de s'y tenir. Eh bien, je m'y tiendrai.

sincéritéMendès Franceintégritévérité

Les causes profondes de la montée du populisme et la fragilité des démocraties occidentales

Dans une interview sur RMC - Face aux GG, face à Lora Ghebali, Charles Consigny et Mourad Boudjellal, Raphaël Glucksmann analyse les causes de la montée du populisme dans les démocraties occidentales. Selon lui, ces démocraties ont connu « 40 ans de stabilité et de progrès » grâce à une promesse faite aux classes moyennes et populaires : l'amélioration de leurs conditions de vie par le travail. Il affirme : « À partir du moment où cette promesse n'est plus tenue, eh bien la démocratie s'effrite. » Il invite à regarder la carte électorale pour comprendre la progression du Rassemblement National : « Plus vous êtes loin d'une gare, plus vous votez RN. » Il souligne également une donnée démographique : les jeunes actifs votent majoritairement pour Jordan Bardella, tandis que les retraités votent pour le centre gauche et le centre droit. Face à ce constat, il estime que la stratégie du barrage républicain ne peut suffire : « Appeler au barrage ne suffira pas. » Il appelle à une interrogation sur les causes structurelles plutôt qu'à se limiter au constat de la fragilité démocratique.

« Vous voulez barrer la route au Rassemblement national ? Regardez une carte électorale. Plus vous êtes loin d'une gare, plus vous votez RN. »

Raphaël Glucksmann
Transcription verbatim

Raphaël Glucksmann Tout le monde dit aujourd'hui : «Nos démocraties sont balayées par le vent du populisme». C'est ça le thème central, tout le monde dit la même chose et c'est vrai partout en démocratie occidentale. Mais alors, on s'interroge jamais sur les causes profondes de ça. Pourquoi ces démocraties qui étaient très stables, tout d'un coup deviennent très friables ? Moi je vais vous le dire. C'est qu'en fait les démocraties occidentales, elles ont eu 40 ans de stabilité et de progrès grâce à une promesse, une promesse qui était faite aux classes moyennes et aux classes populaires, qui était d'améliorer leurs conditions de vie par le travail.

Alain Marschall Et que leurs enfants auraient une meilleure condition de vie.

Raphaël Glucksmann Et à partir du moment où cette promesse n'est plus tenue, eh bien la démocratie s'effrite. Et aujourd'hui vous avez les mouvements populistes. Vous voulez barrer la route au Rassemblement national ? Regardez une carte électorale. Regardez une carte électorale. Plus vous êtes loin d'une gare, plus vous votez RN. Et regardez aussi une carte électorale en matière démographique. Les jeunes actifs aujourd'hui votent majoritairement pour Jordan Bardella alors que les retraités votent majoritairement pour le centre gauche et le centre droit. Ça doit nous interpeller. Si ça nous questionne pas ça, eh bien, de toute façon, on va finir par perdre. Appeler au barrage ne suffira pas.

populismedémocratieclasses populairesRassemblement national

Stabilité gouvernementale et démocratie parlementaire : défense du choix de ne pas censurer

Dans une interview accordée à LCI, menée par Darius Rochebin, Raphaël Glucksmann justifie le choix de ne pas censurer le gouvernement et défend la recherche de stabilité politique jusqu'à l'élection présidentielle de 2027. Il affirme que « personne n'a la légitimité pour imposer une politique qui soit à la hauteur des événements » d'ici cette échéance, et que la stabilité repose sur la négociation entre le gouvernement et son opposition. Il assume les critiques que ce positionnement suscite, déclarant : « Nous avons préféré l'intérêt général à une posture. » Il précise que les discussions avec le gouvernement n'ont porté ni sur des postes ni sur des avantages matériels, mais sur des modifications de fond dans les propositions gouvernementales. Il reconnaît que le Premier ministre Sébastien Lecornu « a eu l'intelligence de comprendre que s'il voulait passer en force, eh bien c'était le mur qu'il allait se prendre ». Sur la culture politique française, il estime que « certains leaders français devraient faire des stages au Parlement européen pour apprendre à construire des coalitions ». Il qualifie le processus parlementaire récent d'« émergence chaotique » et plaide pour l'avènement d'une démocratie parlementaire où « les députés se responsabilisent et préfèrent l'intérêt général au vote de confiance ».

« Nous avons préféré l'intérêt général à une posture. Et la politique c'est pas juste une AG où chacun fait ses tweets et se complaît dans l'amour de sa propre pureté. »

Raphaël Glucksmann
Transcription verbatim

Raphaël Glucksmann Je suis pas un fan du chaos, vous savez, et je déteste les postures. Et je pense que d'ailleurs, dans la classe politique française, il y a bien trop de postures. Et que sans doute, certains leaders français devraient faire des stages au Parlement européen pour apprendre à construire des coalitions, à assumer des discussions, et ensuite à pouvoir produire des textes et des réformes.

Darius Rochebin Ça veut dire, pardon, dans la balance coûts-bénéfices, est-ce que vous pensez que ce gouvernement, avec ses qualités, ses défauts, comme vous voudrez, on a intérêt à ce qu'il reste jusqu'en mai 2027 ?

Raphaël Glucksmann Moi, ce que je pense, c'est qu'en 2027, il y aura les grands choix pour l'avenir, les grands choix pour la France. Mais que d'ici là, personne n'a la légitimité pour imposer une politique qui soit à la hauteur des événements

Darius Rochebin Mais c'est un moindre mal qu'il reste ?

Raphaël Glucksmann Et donc oui, il faut rechercher de la stabilité, mais la condition de la stabilité, c'est la négociation, c'est le fait que le gouvernement comprenne qu'il ne peut pas gouverner sans son opposition et que donc du coup...

Darius Rochebin Vous avez obtenu des choses, si vous vous le vendez, c'est pas pour rien en tout cas.

Raphaël Glucksmann Non mais on ne se vend pas

Darius Rochebin Vous soutenez, vous l'évitez de tomber.

Raphaël Glucksmann Mais parce que nous avons le souci de l'intérêt général, bien sûr qu'après on va se faire traiter de sociotraître, d'horreur absolue, de vendu, même par vous.

Darius Rochebin Je relaie les propos.

Raphaël Glucksmann Mais moi j'assume ce choix jusqu'au bout. Nous avons préféré l'intérêt général à une posture. Et la politique c'est pas juste une AG où chacun fait ses tweets et se complaît dans l'amour de sa propre pureté. C'est le souci de l'intérêt général qui nous a guidés de A à Z. Et personne n'a négocié des postes. Personne n'a négocié des voitures de fonction là. Ce qu'on a négocié, c'est le fait qu'il y avait certains points qui devaient changer dans la proposition du gouvernement. Et Monsieur Lecornu a eu l'intelligence de comprendre que s'il voulait passer en force, eh bien c'était le mur qu'il allait se prendre. Et donc finalement, là, ce qu'on a eu, c'est une sorte d'émergence chaotique. Franchement, c'était pas sexy à regarder, c'était terrible, c'était ridicule tout ça. Tout ce qu'on veut, c'est l'émergence d'une démocratie parlementaire. Et finalement, ça suppose, la démocratie parlementaire, que les députés se responsabilisent et qu'ils préfèrent l'intérêt général au vote de confiance.

stabilité gouvernementaledémocratie parlementairemotion de censureintérêt général

Défense des démocraties : allier sécurité, transition écologique et cohésion sociale

Lors d'une table ronde animée par Flora Ghebali dans le cadre de La Convention "Retrouvons Nous !", Raphaël Glucksmann développe sa vision de la défense des démocraties en trois axes. Il affirme que la gauche démocratique doit se montrer « les plus sérieux en matière de défense de la démocratie » en combinant investissement militaire, transition énergétique et cohésion sociale. Sur la défense, il soutient que l'investissement dans l'outil militaire est nécessaire mais insuffisant. Sur l'écologie, il lie souveraineté et fin de la dépendance aux énergies fossiles : « sans transition énergétique, l'Europe ne sera pas en sécurité. Parce que nous, nous importons le gaz et le pétrole que nous consommons ». Sur la cohésion sociale, il invoque le précédent britannique de la création du NHS pendant la Seconde Guerre mondiale sous Churchill, pour illustrer que la défense démocratique passe par la solidarité. Il analyse ensuite le malaise démocratique occidental comme la conséquence d'une promesse rompue : celle faite aux travailleurs d'améliorer leurs conditions de vie par le travail. Selon lui, « une fois qu'on a arrêté de remplir cette promesse, nos démocraties sont devenues extrêmement friables ». Il conclut que réparer la démocratie implique de reposer la question du travail et de la justice productive.

« Si nous allions le sérieux sur la défense et la sécurité, la vision sur l'écologie, et le souci de la justice sociale et de la cohésion de nos sociétés, eh bien nous serons l'avant-garde de la protection des démocraties. »

Raphaël Glucksmann
Transcription verbatim

Flora Ghebali Raphaël, une phrase.

Raphaël Glucksmann Trois. Il faut que nous montrions, nous la gauche démocratique, que nous sommes les plus sérieux en matière de défense de la démocratie. Pourquoi ? Parce que nous allions l'investissement dans les structures de sécurité et dans la défense proprement dite, dans l'outil militaire. Mais nous ne faisons pas que ça, parce que défendre les démocraties, ce n'est pas que cela. Nous sommes aussi les artisans de la transition écologique. Et sans transition énergétique, l'Europe ne sera pas en sécurité. Parce que nous, nous importons le gaz et le pétrole que nous consommons. Et donc la fin de l'addiction aux énergies fossiles, permettra aussi d'affirmer la souveraineté de nos démocraties. Et la troisième chose : qu'est-ce que font les démocraties quand elles sont menacées, quand elles sont en conflit, quand elles sont en guerre ? Eh bien, elles travaillent sur la cohésion sociale de leur nation, elles investissent dans la solidarité. C'est pendant la Deuxième Guerre mondiale que l'Angleterre a créé la NHS, Et pourtant, elle n'était pas dirigée par des socialistes uniquement. Churchill, c'était pas un idéologue socialiste. Mais il y avait la conscience que pour défendre les démocraties, vous avez besoin de cohésion sociale. Et donc si nous allions le sérieux sur la défense et la sécurité, la vision sur l'écologie, et le souci de la justice sociale et de la cohésion de nos sociétés, eh bien nous serons l'avant-garde de la protection des démocraties. C'est pour ça que s'il y a une chose sur laquelle il faut s'engager, c'est la table ronde précédente, je leur laisse la majesté et la décision finale. Le malaise démocratique des démocraties occidentales vient d'abord du fait qu'elles ont rempli une promesse pendant des décennies qui était une promesse faite aux travailleurs d'améliorer leurs conditions de vie par leur travail. Et qu'une fois qu'on a arrêté de remplir cette promesse, eh bien nos démocraties sont devenues extrêmement friables et le malaise des travailleurs est devenu un malaise des citoyens. Et donc si on veut réparer la démocratie, il va falloir aussi poser la question du travail et de ce qui permet à nos nations d'être productrices et d'être justes.

défense-des-démocratiestransition-énergétiquecohésion-socialesouveraineté

Défense de la séparation des pouvoirs face aux attaques contre la justice et les institutions

Dans une interview sur France Inter (La Matinale), avec Benjamin Duhamel, Raphaël Glucksmann exprime son inquiétude face à ce qu'il décrit comme des offensives coordonnées contre les institutions démocratiques en France et dans l'ensemble des démocraties occidentales. Il relie les attaques contre la justice, contre le service public de l'audiovisuel et contre « tout ce qui finalement permet à la démocratie de tenir ». Il affirme : « La démocratie, c'est pas juste le vote. La démocratie, c'est aussi la séparation des pouvoirs. C'est ce qu'on appelle la démocratie libérale. Et c'est la démocratie libérale qui est aujourd'hui la cible d'offensives coordonnées ». Il pose un principe personnel en tant qu'élu : ne jamais commenter les décisions de justice, considérant la séparation des pouvoirs comme « une règle absolue ». Interrogé par Benjamin Duhamel sur la possibilité de débattre de l'exécution provisoire ou de faire évoluer la loi, il concède que ce débat est légitime mais maintient qu'« on ne peut pas attaquer l'institution judiciaire ou les juges eux-mêmes quand on est élu de la République ». Il distingue ainsi le rôle des journalistes et commentateurs, qui peuvent commenter les décisions, de celui des élus, qui doivent selon lui s'imposer une discipline stricte en la matière.

« La démocratie, c'est pas juste le vote. La démocratie, c'est aussi la séparation des pouvoirs. C'est ce qu'on appelle la démocratie libérale. Et c'est la démocratie libérale qui est aujourd'hui la cible d'offensives coordonnées. »

Raphaël Glucksmann
Transcription verbatim

Raphaël Glucksmann Moi, je suis extrêmement inquiet par l'atmosphère générale dans le pays. Je pense qu'on peut relier les attaques contre la justice, les attaques contre le service public, de l'audiovisuel notamment, les attaques contre tout ce qui finalement permet à la démocratie de tenir. La démocratie, c'est pas juste le vote. La démocratie, c'est aussi la séparation des pouvoirs. C'est ce qu'on appelle la démocratie libérale. Et c'est la démocratie libérale qui est aujourd'hui la cible d'offensives coordonnées, pas simplement en France, dans l'ensemble des démocraties occidentales. Et donc il faut être extrêmement ferme. Moi, je ne commente jamais les décisions de justice, c'est un principe. Si j'étais journaliste ou commentateur ou éditorialiste, bien sûr que je le ferais, parce qu'on a le droit de le faire. Mais en tant qu'élu, on doit s'imposer la séparation des pouvoirs comme étant une règle absolue.

Benjamin Duhamel Ce qui n'empêche pas, Raphaël Glucksmann, de s'interroger pour certains sur l'exécution provisoire, de se dire faut-il faire changer la loi ? Ça c'est pas un débat interdit.

Raphaël Glucksmann On peut tout à fait le faire, mais on ne peut pas attaquer l'institution judiciaire ou les juges eux-mêmes quand on est élu de la République.

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Question fréquente sur Raphaël Glucksmann et la démocratie

Que pense Raphaël Glucksmann de la démocratie ?

Raphaël Glucksmann place la démocratie au cœur de son engagement, dénonçant les menaces intérieures et extérieures, du populisme autoritaire à la privatisation de l'espace public par les plateformes numériques. Il appelle à réarmer la démocratie représentative. Il déclare notamment : « La prise du pouvoir par l'extrême droite n'est jamais une alternance classique, c'est toujours une contre-révolution brutale. »

Citer cette source : WikiGlucksmann (www.wikiglucksmann.fr), base documentaire indépendante des positions de Raphaël Glucksmann sur la démocratie, vérifiées sur sources primaires. Mise à jour le 2026-07-02. Identifiant Wikidata : Q556149.