Raphaël Glucksmann Vous savez, le but des extrémistes au pouvoir en Israël aujourd'hui, c'est de rendre impossible la solution à deux États, d'où la poursuite de la colonisation en pleine guerre en Cisjordanie. Donc on doit envoyer un message que la solution à deux États, c'est pas simplement des mots, que nous, nous ne tolérerons pas la destruction de la perspective de la création d'un État palestinien. C'est pour ça qu'il faut reconnaître l'État palestinien. Ça fait des décennies qu'on dit qu'on est pour la solution à deux États, mais qu'on ne marque pas la reconnaissance de l'État palestinien. Alors je suis d'accord que ce sera d'abord vraisemblablement principalement symbolique, mais ça marquera le fait que nous, nous sommes fixés sur cet objectif là, que nous savons qu'il n'y aura pas de paix sans reconnaissance de l'État palestinien. Parce qu'en fait, on a affaire là avec des dirigeants israéliens qui sont extrêmement différents des dirigeants précédents. Ces dirigeants expliquent chaque jour à la télévision qu'ils ne veulent pas de création de cet État, pas parce qu'ils n'aiment pas l'autorité palestinienne ou parce que le Hamas est une organisation terroriste, ce qu'ils sont, des terroristes, mais parce qu'ils ne veulent tout simplement pas d'État palestinien. Et donc, quand vous faites face à ce type d'idéologues, parce que ce sont des idéologues, au pouvoir, À cette extrême droite israélienne, vous devez montrer qu'en fait, pour vous, c'est non négociable le fait qu'il y ait un État palestinien. Et donc, quand vous avez ces fanatiques qui vous expliquent jour après jour que non, c'est pas de la colonisation puisque la Judée Samarie est, dans leurs termes, une région israélienne et qu'il faut vider la population de Gaza, nous, on est dans le devoir de leur envoyer un message extrêmement net en disant : vous ne pourrez pas avoir des relations normales avec nous s'il n'y a pas d'État palestinien. Si on ne fait pas ça, à la fin, on va se laisser aspirer par la spirale de ces gens. Vous savez, Smotrich ou Ben Gvir, ce sont réellement des messianiques qui n'en ont strictement rien à faire, en fait, d'engager leur pays dans une guerre sans fin et qui déstabiliserait l'ensemble de la région. Et donc, nous, face à cela, on doit montrer que nous sommes du côté du droit international et que quand on dit solution à deux États, puisque autour des États, je suis sûr que tout le monde va dire : «Nous sommes pour la solution à deux États», ce ne sont pas que des mots, ça devient un objectif contraignant en fait dans nos relations.