Raphaël Glucksmann Je m'oppose à toute cette tendance d'un pays dont les élites ont failli.
Charles Consigny Je vais vous dire, si vous étiez vraiment à gauche et si vous vouliez vraiment sauver le système français, vous défendriez la retraite à 70 ans, vous défendriez la suppression d'un million de fonctionnaires, d'un million de postes de fonctionnaires.
Raphaël Glucksmann La vérité, c'est que c'est une enfilade de clichés ce que vous nous sortez, qui prouve que vous n'avez pas lu le livre. Mais c'est pas grave, parce que justement, je m'oppose à tout cette tendance d'un pays dont les élites ont failli. L'abandon des usines, ça date des années 80-90, et l'ensemble des élites françaises économiques et politiques, eh bien, ont décidé qu'on pouvait faire un pays sans usine. La vérité, c'est que ça a créé à la fois la fracture sociale, la destruction des territoires, la perte de souveraineté et la dette, puisque aujourd'hui on subventionne la consommation de produits étrangers au lieu d'avoir des industries qui produisent de la richesse. Le deuxième constat, c'est qu'en fait, on a pensé que la France était une nation qui pouvait exister sans qu'on la construise. Eh bien moi, je pense que ça, c'est l'erreur fondamentale de ces élites qui se sont endormies. Donc moi, ce que je veux justement, c'est qu'on refasse nation ensemble. Pas rien de bobo, pas d'histoire. Mais j'en tire toutes les conséquences. Le seul problème, Monsieur Consigny, c'est que mes conséquences ne sont pas les vôtres. Vous vous aimeriez qu'à partir de mes diagnostics, j'explique qu'il faut être encore plus libéral, qu'il faut tout ouvrir, qu'il faut tout casser dans les services publics. Eh bien moi, je ne veux pas de ça. Moi, ce que je veux, c'est sauver l'école publique. Ce que je veux, c'est des services publics qui soient efficaces.