Raphaël Glucksmann Alors, Monsieur Zemmour, je vais vous dire. Déjà, c'est pas anodin de débattre avec vous puisque vous êtes un multirécidiviste. Vous êtes condamné pour injures raciales, pour incitation à la haine religieuse et à la haine raciale. Et mes amis, mais moi, je vous ai laissé faire votre tirade d'insultes, donc vous allez me laisser...
Eric Zemmour Je vous ai pas insulté du tout.
Raphaël Glucksmann Donc mes amis me disaient mais pourquoi ? Pourquoi accepter de débattre ? Je vais vous le dire. Parce que je veux vous combattre partout, vous, vos amis, Marine Le Pen, Éric Ciotti, vos amis d'extrême droite. Et je veux vous reprendre le drapeau tricolore des mains. Et c'est l'erreur que vous faites sur moi, monsieur Zemmour. La France ne vous appartient pas. Vous n'allez pas
Eric Zemmour Ah non, c'est moi qui appartient à la France.
Raphaël Glucksmann Vous n'allez pas conquérir ce pays parce qu'en fait vous ne l'aimez pas. La vérité, vous vous trompez complètement sur moi. S'il y a un patriote à cette table, ce n'est pas vous, c'est moi. Et moi, je veux défendre la France telle qu'elle est, pas telle que vous la fantasmez. Vous, vous fantasmez une France qui n'a en fait quasiment jamais existé. Vous citez Joseph de Maistre, par exemple, en exemple. Vous êtes du côté de ceux qui sont allés à Saint-Pétersbourg comme Joseph de Maistre parce que la France faisait la révolution, monsieur. Vous êtes totalement écœuré à chaque fois que la France rayonne. Le dernier exemple, le dernier exemple... 85 % des Français qui admirent le fait qu'on accueille la terre entière pour faire les Jeux olympiques, qu'on a une cérémonie d'ouverture. Vous trouvez ça écœurant, abject. À chaque fois que cette France-là réussit, parce qu'elle ne correspond pas à vos fantasmes, cela vous dégoûte. Par contre, ce que vous faites, c'est que vous vous réjouissez, monsieur, du succès de ses adversaires. Vous avez dit que vous vouliez être, vous, un mini-Poutine français, que vous aviez de l'admiration pour Vladimir Poutine, l'homme qui s'attaquent aux intérêts stratégiques de notre pays. Vous avez une admiration sans bornes parce qu'il fait des milices anti-migrants pour Monsieur Orbán. Mais Monsieur Orbán, aujourd'hui au service de la Chine, va contribuer à la destruction de notre industrie automobile et la fermeture de nos usines. Vous avez de l'admiration pour Monsieur Vance et Monsieur Trump qui sont hostiles aux intérêts de la France et qui passent leur temps à insulter notre pays. La vérité, monsieur, c'est que vous êtes au service d'une tyrannie étrangère. Vous êtes au service d'une idéologie. Vous êtes au service d'une internationale d'extrême droite. Mais vous n'êtes absolument pas au service de la France réelle. Et moi, je vais vous le dire : votre force, elle a été constituée parce que nous, les progressistes, la gauche, on a été aphone pendant trop longtemps sur ce qu'était la France. Mais là, on va parler de la France. On va raconter la France. Une France, vous vous rendez compte ? Vous êtes même contre... Parce que moi, j'ai lu Éric Zemmour. Donc vous êtes contre l'édit de Nantes. Vous êtes... Mais si, vous êtes pour la révocation de l'édit de Nantes. Vous êtes...
Eric Zemmour J'ai une pensée un peu plus subtile que ça.
Raphaël Glucksmann Non, mais vous êtes un théoricien de la guerre civile en France, depuis les vraies guerres de religion jusqu'à celle que vous allez fantasmer maintenant. Et je vais vous dire le fond de ma pensée. Le fond de ma pensée. Vous dites des mots qui sont inacceptables. Vous dites: «L'islamisation, c'est comme le Covid, c'est un virus moral», c'est ce que vous dites. Et moi, vous savez à qui vous m'avez fait penser quand j'ai lu ça ? Eh bien, aux prédicateurs islamistes que j'ai étudiés en Algérie. Ils disaient la France est un virus moral.
David Pujadas Alors réponse... Réponse peut-être oui, Eric Zemmour.
Raphaël Glucksmann Comme eux. Vous êtes profondément étranger à tout ce qui a fait la grandeur de la France.